visite guidée des parcs, jardins et paysages de Paris


Archive de la catégorie

Liste des articles dans la catégorie HAUTS-DE-SEINE (92).

ENHERBEMENT DES ALLEES DU CIMETIERE DE MONTROUGE (92) SITUE SUR LE TERRITOIRE DU 14E ARR DE PARIS

En 1860, HAUSSMANN annexe une partie de l’ancien Montrouge pour en faire le 14e arr. de Paris. La nouvelle Ville de Montrouge est née, de l’autre côté du boulevard périphérique : réduite à une surface de 2 km², c’est, actuellement, l’une des villes les plus densément peuplées du territoire, très pauvre en espaces verts.

Le Service des espaces verts de la Ville de Montrouge (92) finit de réaliser cette année la mue sur 3 ans de son cimetière, resté sur le territoire du 14e arr. de Paris.

Sur 7 ha, il est en train de devenir littéralement son plus vaste espace vert extra muros.

Par secteurs successifs, le sol des allées est remué, on lui incorpore de l’argile, de la farine de plumes (engrais organique à libération lente) et on le mycorhize ; on sème de la Fétuque ovine ; an accepte qu’elle se dessèche plus ou moins en été : on ne l’arrosera pas.

enherbement des allées du Cimetière de Montrouge (image Paul-Robert TAKACS)

enherbement des allées du Cimetière de Montrouge (image Paul-Robert TAKACS)

Les travaux ont été faits en régie, pour un coût légèrement inférieur à 5 euros / m².

Après des années de phytosanitaire, des Guêpes fouisseuses s’y sont déjà installées !

Des panneaux de communication ont été installés dans le cimetière, expliquant la démarche.


PARC DÉPARTEMENTAL DE L’ÎLE SAINT-GERMAIN À ISSY-LES-MOULINEAUX (92) : LA NATURE A REPRIS SES DROITS

L’île Saint-Germain a une histoire parsemée de combats successifs contre une urbanisation et une industrialisation sauvages des lieux…

UNE ANCIENNE FRICHE MILITAIRE

L’île Saint-Germain est avant tout une terre agricole.

La construction du Comptoir central de Crédit Bonnard et Cie, puis du Pavillon de l’agriculture pour l’Exposition universelle de 1867 amorcèrent la transformation du site.

Pendant ce temps, l’île Seguin voisine accueillait avec les usines Renault un hôte important : les ouvriers affluent et trouvent à loger sur l’île Saint-Germain.

Cet hôte se révèle même un peu dangereux puisque le site subit en 1942 les dommages collatéraux d’un bombardement visant l’usine.

L’année 1964 a failli sonner le glas de ce site déjà fortement altéré. Le Schéma directeur d’aménagement de la région parisienne prévoyait la transformation de l’île Saint-Germain en zone portuaire, capable de stocker quantités de sable et de ciment. L’île ne devra son salut qu’à l’intervention ferme des élus de Boulogne-Billancourt, Issy-les-Moulineaux, Meudon et du conseil général des Hauts-de-Seine.

En 1973, étape préalable au commencement des travaux, un syndicat mixte est constitué. 7 années plus tard, un parc de 12 hectares est inauguré.

Ce chantier colossal aura nécessité de démolir pas moins de 35 bâtiments, d’acheminer 45 000 m3 de terre végétale, de planter 1 500 arbres et 3 500 arbustes.

Ce parc a été réaménagé dans les années 1990, au moment de la prise de conscience d’un environnement à préserver : 8 hectares supplémentaires ont été aménagés, notamment entre 1993 et 1996.

La démarche est également passée par l’inventaire et l’étude des arbres et plantes spontanés qui paraissaient pourtant dépourvus d’intérêt. Une végétation digne d’être prise en compte, valorisée et développée a ainsi pu être répertoriée.

La mise en valeur de cette friche militaire est passé par un projet de préverdissement. Le projet paysager proposé en 1995 par Yves DESHAYES s’inscrit alors dans les nouvelles orientations environnementales du Conseil général qui prône la création de nouveaux parcs valorisant la flore et la faune spontanées. Le paysagiste, profitant des valeurs du patrimoine végétal présent sur l’île, invente alors le concept des « jardins imprévus » dont les principes sont de préserver la flore spontanée en place et de favoriser son épanouissement par l’application d’une gestion plus respectueuse de l’environnement selon les pratiques de la gestion différenciée.

A l’île Saint-Germain, les aménagements, créés autour d’espaces clos ou ouverts, s’appuient sur le développement de la végétation existante, valorisent l’apparition d’espèces végétales spontanées et encouragent la colonisation d’une faune très diversifiée sur les berges et dans les espaces isolés.

Ce retour à la nature, passant par la valorisation de la friche, n’est pas sans rappeler le concept du « jardin en mouvement » du paysagiste contemporain Gilles CLÉMENT, pratique où le jardinier ne contrarie plus le mouvement naturel des plantes vagabondes, mais au contraire l’épouse.

Plus encore, les jardiniers de l’île Saint-Germain poussent les limites de ces expériences et font des « jardins imprévus » un projet singulier où, au-delà de la mouvance de la gestion différenciée, le jardin est au plus près de la nature, évolutif et durable. Car si la valeur esthétique du jardin, de sa composition, de sa structure interne a une importance incontestable, le travail de création est d’abord considéré dans un respect obstiné des écosystèmes où le jardinier est amené à intervenir avec parcimonie. Ce dernier doit renoncer à l’emploi des engrais, à l’application de divers produits chimiques et aux techniques d’arrosage traditionnelles.

Cette orientation devrait être renforcée à l’avenir par la création d’une « Réserve naturelle départementale » faisant l’objet d’un suivi scientifique rigoureux. Déjà, quelques actions ont engendré une évolution en ce sens : la réalisation d’une mare entraînant le développement d’un biotope des milieux humides, et la culture des plantes messicoles (plantes des « moissons ») ressuscitant avec bonheur les bleuets et coquelicots disparus de nos paysages.

LE PARC

le jardin de lavandes
Le jardin de lavandes a l’accent du sud : il accueille toutes sortes de plantes méditerranéennes préférant les milieux secs, comme les lavandes, les sauges, les sarriettes.

les jardins imprévus
20070511105392parcilestgermain6.jpg
Une balade dans les jardins imprévus fleure bon les vacances à la campagne : seul le chant des oiseaux a licence pour perturber le calme ambiant. Les vélos, aires de jeux ou de pique-nique, ainsi que les compagnons canins sont tenus éloignés de cet espace sensible afin d’en préserver la tranquillité. Tout passe, tout change, et les espèces évoluent librement au gré des saisons et au fil des ans. Grenouilles, tritons et es canards colverts se partagent les mares de ces jardins, tandis que les abeilles survolent paisiblement les lieux et effectuent d’incessants allers-retours jusqu’à leurs ruches.
Le belvédère offre la meilleure vue sur cette partie du site. Du haut de ce petit promontoire naturel, on peut observer et admirer les jardins imprévus dans leur globalité. En contrebas, un banc invite au repos et à la contemplation.

les jardins clos
Les jardins clos effectuent la transition entre les jardins imprévus et le parc. Quatre auvents protègent l’entrée du lieu. Semblable à la coursive d’un monastère, une allée ombragée longe les côtés de ce jardin rectangulaire et relie différents patios.
Les végétaux à caractère horticole se mêlent dans une réalisation qui recherche les harmonies de forme, de couleur, de volume et de hauteur.

le jardin des messicoles
20070511123492parcilestgermain2.jpg
Le jardin des messicoles invite à découvrir des plantes sauvages un peu particulières. Les botanistes les appellent scientifiquement plantes messicoles, c’est-à-dire « qui accompagnent les moissons ». Les agronomes les appellent professionnellement « plantes adventices des cultures ». Les âmes bohèmes les appellent poétiquement « fleurs des champs ». Les esprits bougons les appellent avec amertume « mauvaises herbes »…
Les pratiques agricoles modernes menacent cette flore d’une grande diversité. Elle est, dans ce jardin, protégée et valorisée : le promeneur pourra ainsi redécouvrir la mielle des blés, le chrysanthème des moissons, le coquelicot, et de nombreuses autres espèces.

le jardin antérieur
Le jardin antérieur renoue avec l’histoire du site : au VIe siècle, l’île était propriété de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés. A cette époque, la tradition voulait que les moines cultivent des potagers et plantent dans chacun d’entre eux des figuiers. La jardin antérieur, potager et fruitier, reproduit cette tradition : figure aujourd’hui dans ce lieu protégé un figuier.

le jardin des découvertes
20070511104892parcilesaintgermain3.jpg
Ce jardin composé d’une mare écologique (visiomare) et d’un potager biologique permet aux enfants et aux plus grands d’apprendre, ou simplement de réviser le nom des plantes et des animaux tout en s’amusant. Il est conçu comme un petit labyrinthe en forme de coquille d’escargot. Tout au long du parcours, des étiquettes sont placées comme autant de devinettes.

CONCLUSION

Depuis plus de vingt ans, le parc départemental de l’île Saint-Germain abrite des jardins variés et inattendus où poésie végétale, patrimoines naturel et historique s’entremêlent harmonieusement.
3239623252f4b5ce9cc3.jpg
Plus encore aujourd’hui, il offre la vision d’une nature à la reconquête de son territoire où tout conduit à l’épanouissement d’une flore et d’une faune libres des contraintes urbaines pourtant si proches : à voir absolument !

ACCÈS

170, quai de Stalingrad
92130 Issy-les-Moulineaux

RENSEIGNEMENTS

animations, point informations et Halle : 01 55 95 80 70


Parc de Sceaux

Oeuvre d’André LE NÔTRE, le Parc de Sceaux date du XVIIe s.

Après qu’il ait déjà officié, semble-t-il, sur ses terres de SEIGNELAY (Bourgogne), André LE NÔTRE est demandé par Jean Baptiste COLBERT, entre autres Surintendant des Bâtiments, Arts et Manufactures de Louis XIV, à Sceaux, baronnie d’une cinquantaine d’hectares qu’il vient de racheter en 1670 aux POTIER DE GESVRES. Le tout premier château sera englobé par le château des COLBERT, admirable -et dont on ne connaît pas l’architecte. Il sera terminé pour 1673 par deux entrepreneurs : Jean GIRARD et Maurice GABRIEL :
IMAGE DU CHATEAU DES COLBERT
Ce château, vendu avec le restant du domaine au citoyen Jean-François Hippolyte LECOMTE, sera bientôt détruit après la Révolution (env. 1798), pour être revendu par l’homme d’affaires en petits morceaux, comme de nombreuses autres constructions et statues du parc.
Un château, beaucoup moins ample que celui des COLBERT étant entendu qu’il n’en occupera que l’emplacement du cors central, ne sera reconstruit qu’en 1856-1862 par Joseph-Michel LE SOUFACHé, pour les nouveaux propriétaires : les TRéVISE (1829-1923). C’est ce château que l’on connaît aujourd’hui, à plusieurs reprises très restauré depuis qu’il a été ravagé par la guerre de 1870.

LE NÔTRE aura travaillé au Parc pendant 20 ans (1670-1699), par tranches successives, au fur et à mesure des agrandissements :
-de 1670 à 1683 pour COLBERT, qui agrandit déjà le domaine qu’il avait acheté, par exemple tout le secteur entre le château et l’église, puis le secteur du Petit Château en 1682 ;
-de 1683 à 1690 pour son fils, le marquis de SEIGNELAY, avec un agrandissement majeur en 1687, qui amène le parc à son maximum de surface (227 ha) ;
-de 1690 à 1699 pour Mme de SEIGNELAY, après la disparition brutale du marquis.

2 axes sous-tendent son dessin, qui se réfèrent tous deux au château :
-l’axe principal, sensiblement Est-Ouest, monte à partir de l’Est, depuis Bourg-la-Reine, passe par la cour, traverse le château au sommet de la colline, et commence à dévaler la pente.
Avant l’agrandissement de 1687, le domaine butait net, peu après le château, à l’emplacement de la future Terrasse des Pintades, sur un mur d’enceinte. Depuis l’agrandissement, l’axe dévale longuement la pente et se redresse un peu pour finir à l’Ouest.

-l’axe secondaire est perpendiculaire au principal, donc sensiblement Nord-Sud, mais il est essentiellement latéral par rapport au château : il se déploie surtout sur sa droite : une cascade (détruite) descend la colline vers le Sud, du château jusqu’au au bassin du Grand Jet, avant qu’une pelouse encadrée d’arbres ne remonte… pour redescendre jusqu’à la grille de l’actuelle Croix de Berny. Dans le creux du creux, LE NÔTRE a remplacé par le bassin de l’Octogone l’étang d’une mare morte. En son centre, la Grand Jet s’élève jusqu’à 25 mètres de hauteur, grâce au dénivelé qui le sépare du réservoir qui l’alimente (actuel Bassin des Lilas). On a donné sur cet axe des fêtes somptueuses. La cours du duc mais surtout de la duchesse du MAINE (1700-1753) s’asseyait sur la pente qui descend de Berny, face à une scène qu’on installait sur le bassin, avec les cascades de LE NÔTRE derrière.

Quand, en 1687, le domaine est agrandi au Sud-Est par le marquis de SEIGNELAY, le successeur de COLBERT, jusqu’à faire 227 hectares, LE NÔTRE revient donner de l’air à son axe principal : il le prolonge vers le lointain à l’Ouest, par le Tapis Vert. Il faudra encore 2 ans de travaux de creusement pour donner une surprise parallèle à l’axe secondaire : Le Grand Canal, long (et plus exactement interminable) de 1 km. Le fond est sur un terrain naturellement imperméable, argileux et marneux.
C’est après la mort subite, en 1690, du Marquis de SEIGNELAY, qu’un entrepreneur achèvera les travaux prévus de rattachement de l’Octogone et du Grand Canal.

S’il n’y avait que ça, on se lasserait peut-être de la promenade :
-des jardins aussi autour du Petit Château ;
-comme le Nord était bucolique, du côté du Pavillon de l’Aurore (1672 Jules HARDOUIN-MANSART ; plafond peint par LE BRUN), depuis que Jean-Baptiste de LA QUINTINIE avait établi un potager clos de murs. Alors qu’à sa livraison, le Pavillon faisait un belvédère latéral, construit en saillie du mur d’enceinte, l’agrandissement au Nord-Ouest du domaine le reporta au centre du potager doublé : bel endroit, décidément, pour un réveil estival (ou même automnal) aux aurores !
-que de surprises au Sud du château aussi, en lieu et place de l’actuelle Plaine de l’Orangerie, vidée ! Au lieu du spectacle affreux des « jeux » et autres attroupements actuels, au-delà de l’Orangerie que Jules HARDOUIN-MANSART, ayant terminé celle de Versailles, édifie en 1686, se succédaient des cabinets de verdure : salle des Marronniers, cabinet des Coquillages, salle des Antiques, fontaine d’Éole et de Scylla, berceau de treillage. Après réflexion, heureusement, finalement, qu’il y a actuellement cette haie taillée improbable, pour barrer barre la vue (et l’ouïe…) à la frontière du jardin parallèle au mur Sud de l’Orangerie !

Il ne reste des constructions du parc des COLBERT et SEIGNELAY que :
-l’Entrée d’Honneur, avec se groupes d’animaux se battant (copies), flanquée des deux Pavillons de Garde entre lesquels on passe par un pont jeté au-dessus de douves sèches au tracé magnifique ;
-l’Orangerie, qui a perdu un pavillon et deux travées à la guerre de 1870 ;
-les Ecuries (très remaniées), avec leur très bel abreuvoir et bain à chevaux ;
-le Pavillon de l’Aurore ;
-le Petit Château, logement des hôtes des COLBERT : monument historique auquel les enduits sur la façade enlèvent beaucoup de l’allure ancienne ;

Du travail de LE NÔTRE :
-le tracé des allées anciennes est plutôt conservé (restaurations) ;
-le bassin de l’Octogone avec son Grand Jet ;
-le Grand Canal.

Ce dessin en H supporte d’autres axes, allées et cheminements, qui rejoignent diversement les différentes cotes de niveau. On a en effet un dénivelé de xxx m entre le château et le point le plus bas.

Quand Paris et sa petite couronne étaient encore réunis sous le nom du Département de la Seine, Jean-Claude-Nicolas FORESTIER, du Service des Promenades et Plantations de la Ville de Paris, après avoir fait racheter Bagatelle (1905), fait racheter Sceaux en 1929. à ses propositions de réaménagement du parc, on préférera celles de Léon AZEMA.

C’est donc AZEMA qui, dans le courant des années 1930, après le lotissement d’une partie du parc qui permettra de trouver des sous, modernise le domaine en restaurant et en simplifiant, tout en conservant de nombreux tracés et aménagements de LE NÔTRE (mais cependant moins que ceux qu’avait prévu de garder FORESTIER).
Il donne les nouvelles Cascades : du pur années 30. Sur les murs d’une grotte d’où l’eau commence à dévaler, 7 mascarons attribués à Auguste RODIN (1878). Initialement prévus pour les jardins du Trocadéro, on préférera les partager entre Sceaux et l’Escalier du Jardin des Serres d’Auteuil.
il conserve (plante ?) des Pins noirs d’Autriche (var. Laricio ?) sont maintenus en travers d’un tapis vert sur un côté du château ou en travers d’une allée.
côté Aurore, une glycine est installée dans un cèdre, dont l’ombre abrite deux statues années 30.
L’espace encaissé entre le joli Pavillon de l’Aurore et le Lycée LAKANAL est redessiné.

On reconnaît une patte années 30 qui tient beaucoup de celle de FORESTIER (cf. jardin d’Iris de Bagatelle), avec les murs et consoles d’if sévèrement taillé (et peut-être pas totalement à l’échelle ?), ainsi que le caissonnement de buis taillé qui reçoit des Iris latéralement et, depuis quelques années, un tapis millefleurs au centre -que je n’adore pas ;

Il fait aussi rapporter de Paris et remonter pierre à pierre la façade (classée) de ce qui sera le Pavillon de Hanovre : c’est le point de naissance de 3 nouvelles perspectives.

Actuellement, le domaine, géré par les Espaces Verts du Conseil Général des Hauts-de-Seine, est une vitrine de gestion environnementale : prairies, moutons invités à tondre les gazons…


LE PARC DU CHEMIN DE L’ÎLE À NANTERRE (92000) : LE POINT D’EXCLAMATION DE L’AXE SEINE-ARCHE

Le parc du Chemin de l’île est un nouvel (2006) espace de détente et de loisirs de 14,5 hectares.

La mise en scène du lieu mêle tout à la fois, grands espaces libres, aires de jeux, lieux de promenade.

planparcduchemindelile.jpg

plan1.jpg
Accessoirement, aménagé en bord de Seine, à l’extrémité Nord de l’axe allant de l’Arche de la Défense à la Seine, il dépollue l’eau de la Seine… pour la servir aux jardins familiaux situés à son extrémité Nord-Est.

Le chantier a été conduit selon les critères d’exigence de Haute Qualité Environnementale.

Réconcilier ville et nature

L’aménagement de ce lieu, étiré entre des franges disparates, violemment marqué par la présence de routes et de viaducs, de pylônes, de souffleries qui dispersent de l’air vicié, ne peut se résumer à un simple maquillage. Pour l’atelier Acanthe, le futur parc des bords de Seine doit être un lieu de vie, le cœur d’une alliance entre la ville et la nature. Un véritable système biologique et non une verdure récréative. En prenant la nature pour alliée, l’atelier se saisit de ses éléments : l’eau, l’air, la terre… Le parc s’ouvre sur le fleuve et crée un espace de respiration par la présence d’une vaste plaine.

Un parc intégré dans une démarche de développement durable

Le projet vise en outre à développer une nature ordinaire mais variée. Ainsi, aux côtés des zones horticoles ou gazonnées, le parc s’ouvre sur des prairies fleuries, des mares, des arbres isolés, des haies, des petits bois aux rôles écologiques différents. La dimension de développement durable est vraiment partie intégrante du projet : prise en compte de la biodiversité, traitement de l’air, utilisation de l’énergie solaire, traitement et gestion rationnelle de l’eau, gestion de la biomasse grâce à son traitement sur place en cycle fermé, réduction des nuisances sonores. Même orientation pour les berges. Leur valeur écologique sera augmentée par différents aménagements : des graviers pour la ponte des poissons, des vasières pour les insectes et les batraciens. Le dispositif de ce secteur comprend un gabion immergé, la création d’une zone de littoral peu profonde plantée de végétations aquatiques et de substrats variés.

L’exemplarité écologique au service de l’urbanisme

Sur le chantier, le recyclage des matériaux est systématiquement privilégié afin de limiter la production de déchets ainsi que le transport et la circulation des engins de chantier. Les matériaux utilisés ont été choisis pour leur neutralité sur le milieu. L’imperméabilisation des bassins et contre-fossés est assurée à 80 % par l’utilisation de gisements d’argiles présents sur le terrain. Les matériaux de démolition des bâtiments sont concassés sur place et réutilisés pour les fondations des allées. Quant aux arbres et autres végétaux supprimés, ils sont broyés et transformés en mulch qui sera utilisé comme engrais naturel au moment des plantations. L’implantation de jardins filtrants permettra de gérer l’eau de manière rationnelle. Ces jardins purifient naturellement l’eau pompée dans la Seine, qui sert ensuite à l’arrosage du parc et des jardins familiaux, ou retourne épurée dans le fleuve, favorisant ainsi la constitution de frayères (lieu où les poissons fraient).

Quatre bâtiments HQE

locaux administratifs
le pavillon des berges : restauration
le pavillon de la garde équestre : écuries
la maison du parc : expositions/informations/orientation du public

Leur construction atteint 6 objectifs de la HQE : elle se distingue particulièrement par les matériaux employés (bois, métal et couverture en zinc) et par leur modularité.

Biodiversité

Fondé sur la préservation durable des ressources et de l’environnement, ce parc restaure un véritable écosystème dans lequel faune et flore s’enrichissent mutuellement. Situé en face du futur parc, l’île Fleurie, un site protégé, constitue un refuge pour l’avifaune et de nombreux animaux. Ce réservoir naturel a favorisé le maintien d’une biodiversité sur les rives de Nanterre, où subsistent encore des espèces peu courantes de plantes et d’insectes. Ce capital sera préservé et développé par des aménagements de type « génie écologique » qui restaurent des « mini-écosystèmes » : mise en place de frayères et de sols de graviers pour la ponte des poissons, création de vasières pour divers insectes et batraciens, contre-fossé en mare naturelle pour permettre l’installation d’une végétation aquatique, etc.

Parole de paysagiste

Membre de l’équipe de Guillaume GEOFFROY-DECHAUME à l’atelier de paysagistes Acanthe, Ronan GALLAIS est responsable de la maîtrise d’œuvre du parc du Chemin de l’Île.

- Quelles étaient les principales contraintes de ce projet ?
- Elles tenaient pour l’essentiel au passé industriel de ce site : carrières d’exploitation au début du siècle, entreprise de métallurgie, et plus récemment les tracés des autoroutes A 14 et A 86 et celui du RER A s’y sont succédé. Le parc devait fédérer tous ces éléments. À cela, il fallait ajouter la Seine, l’axe historique de La Défense et la présence de la ville, Nanterre.

- Avec l’ouverture sur la Seine et la présence de jardins aquatiques, l’eau semble avoir été un des éléments fondateurs du futur parc…
- L’élément spécifique premier est en effet l’eau. Tirée du fleuve, elle est véhiculée le long d’un canal recouvert d’un caillebotis : les promeneurs pourront la voir et l’entendre s’écouler sous leurs pas. Quant aux jardins aquatiques, ils illustrent les différentes étapes naturelles de sa filtration et de sa dépollution par les plantes.
arton2794bd88d.jpg

- Ce parc s’inscrit dans une logique de développement durable. Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour les futurs promeneurs ?
- Le visiteur est acteur. Il lui est donné l’occasion de reprendre possession de son milieu, et notamment de son fleuve. Ce parc est conçu en bonne intelligence avec son environnement, a contrario des milieux urbains anonymes, constitués en totale ignorance des espaces, des reliefs, de la flore ou de la faune locales. Le développement durable équivaut à l’instauration d’un espace viable à long terme. Dans cette logique, les énergies renouvelables auront toute leur place : l’énergie solaire alimentera la maison du parc et la guinguette, l’eau de l’arrosage sera pompée grâce à l’énergie éolienne, et enfin, tous les déchets du parc seront traités dans notre zone technique et les composts végétaux seront réutilisés pour enrichir les sols.

A ne pas rater

le mobilier :
nanterre3.jpg
les circulations :
jecnfpt3.jpg
la statuaire, digne de l’axe historique, commencé au Jardin des Tuileries !

Accès

RER A : Nanterre Ville et 10 min de marche


valdefontes |
cibie2 |
DBZ Collection |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Passionvtt77
| GÎTES ET CHAMBRES D'HÔTES A...
| Aux petites mains.