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LE PARC À FABRIQUES DE MÉRÉVILLE : LE JOYAU PITTORESQUE DE BÉLANGER ET HUBERT ROBERT

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Issu d’une modeste famille béarnaise, né en 1724 à Jaca (Espagne), Jean-Joseph LABORDE rejoint à l’âge de l’adolescence son cousin qui est à la tête d’une compagnie maritime d’import-export à Saint-Jean-de-Luz. À la mort du cousin, il reprend les rênes de la compagnie familiale et bâtit son immense richesse sur cette base. Il s’enrichit ainsi grâce au commerce transatlantique, approvisionnant les colonies en matières premières et en rapportant les produits les plus intéressants financièrement (fruits tropicaux, arbre d’essences rares…) et participe à la traite des Noirs. Il possède d’ailleurs des terres à Saint-Domingue (Haïti), qu’il fait exploiter pour le sucre.

Cette ascension fulgurante, comparable à celle de nombreux bourgeois au siècle des Lumières, lui permit de s’élever et de fréquenter des nobles. De même, sa richesse lui permit d’acquérir de nombreux domaines.

Il devient fermier général (1759-1767) sur la proposition de son ami le duc de CHOISEUL.

Il s’est installé en 1764 dans le château de La Ferté-Vidame qu’il aménagea à son goût en s’entourant de nombreux artistes, mais il en fut chassé en 1784 par le duc de PENTHIÈVRE, suite à un jeu de chaises musicales, lui-même étant chassé de son domaine de Rambouillet par le roi Louis XVI, qui convoitait ses terres giboyeuses.

Il aurait alors été nommé marquis par compensation : sympa comme manière de trouver du réconfort !

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Méréville, domaine qu’il acquiert en 1784 (joli cadeau pour ses 60 ans !), sera la dernière de ses propriétés – but not least, comme disent les Anglais…

UN LIEU AVEC UN REMARQUABLE POTENTIEL PAYSAGER

Le château qui se trouve sur le domaine sera à revoir. Il avait été aménagé en 1768, pour un conseiller du roi (Jean DELPECH), sur les restes d’une forteresse médiévale.

Le paysage (au-delà d’un jardin de faible envergure) sera à revoir aussi. À l’origine, il s’agit d’une cuvette grossièrement circulaire, aux bords assez raides (particulièrement à l’est), traversée du sud au nord par la Juine, qui décrit, à l’ouest, un ample coude agrémenté de charmantes sinuosités et tend plusieurs bras aux contours irréguliers – puisque naturels. Mais, après 10 ans de travaux, le paysage -c’est certain- est devenu tout à fait époustouflant :
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UN CHANTIER TITANESQUE (ET DES DIFFICULTÉS À L’ÉCHELLE)

Les moyens pratiquement illimités du marquis de LABORDE permirent de conduire les travaux sans relâche.

Menés avec 400 ouvriers, plusieurs architectes et sculpteurs de renom, ils furent achevés en neuf ans, mais ils n’allèrent pas sans mal :
- alors qu’il était presque achevé, le Temple de la Piété Filiale s’engloutit subitement dans la tourbière, la couche formant le fond ayant cédé brutalement. Les pierres, englouties dans la profonde excavation qui s’était formée, furent récupérées du mieux possible et le temple remonté sur un sol moins exposé, au sommet de la rampe des roches. Le décor initial de stuc doré fut perdu et remplacé par le marbre blanc actuel. MÉZIÈRES, sculpteur des parties nobles du temple, dut recommencer une partie des chapiteaux. Par la suite une partie des arches s’effondrèrent…
- l’arche du Pont de Roches, qui subsiste, est nettement surbaissée par rapport au niveau initial visible sur les gravures de l’époque. Un auteur signale dés 1840 un enfoncement de 6 ou 7 pieds (deux mètres).
- les grottes flanquant l’arche de chaque côté présentaient deux niveaux superposés. Le niveau inférieur est un mètre et demi sous l’eau, alors qu’il était a priori conçu pour y pénétrer a pied sec. L’enfoncement se serait produit quelques mois après la construction – motif (prétexte ?) de malfaçon que LABORDE aurait saisi pour justifier le renvoi de BÉLANGER…

LES PAYSAGISTES À L’OEUVRE

Le domaine sera constitué de 2 parts inégales : un Grand Parc (90 ha), sera séparé d’un Petit Parc (une dizaine de hectares sur le platau est, en hauteur). Les deux seront séparés par une route publique, et communiqueront par le Pont du Milieu.

Dans le Grand Parc, l’essentiel restera un bois, sauf un extraordinaire potager (probablement bio à l’époque), le Marquis étant féru de botanique et de science :

les futures fabriques (une vingtaine) se trouveront concentrées sur une trentaine de hectares, mises en valeur notamment sur des îles et des promontoires, au coeur de l’ensemble, dans cette cuvette qui, accentuée, offrira des perspectives flatteuses, à travers un paysage très pittoresque -CHATEAUBRIAND dira même romantique.

François-Joseph BÉLANGER, l’architecte de Bagatelle et de la Folie Saint-James, commença par être chargé de dessiner le nouveau parc. Mais il en sera déchargé dès 1786, au bénéfice d’Hubert ROBERT.
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À l’inverse de son prédécesseur, qui cherchait trop à imposer ses vues et amenait à des dépenses somptuaires, Hubert s’entendit très bien avec son commanditaire. Toutefois, en admirateur de Bélanger, il eut l’intelligence de ne rien remettre en cause des grandes lignes arrêtées – et déjà fort avancées, au demeurant.

On doit en effet à BÉLANGER la modification du parcours de la Juine, la forme du Grand Lac, le tracé des chemins, l’ordonnancement des plantations et le dessin de certaines fabriques, notamment le Moulin ou le Pont de roches.

ROBERT adopte une démarche artistique originale. À la différence d’un architecte traditionnel, il traduit ses projets en peinture : chaque espace du jardin est conçu comme un tableau naturel, l’un se juxtaposant à l’autre pour former le jardin idéal. Hubert ROBERT a conçu entre autres le Grand rocher, le Cénotaphe de Cook, la Laiterie, la Maison du jardinier, la Forteresse, la Citadelle, le Colombier, la Fontaine au mufle de lion et les formes des enrochements. Il fait peindre certains rochers peints en ocre, en rose ! A partir de 1790, c’est au tour du Petit Parc à être aménagé : il comportera neuf fabriques, dont la Tour Trajane.

Son inépuisable source d’imagination sera l’Italie, où il a fait son Grand Tour. Il est troublant de comparer sa Villa Gregoriana à Tivoli :
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avec sa vue du Pont ruiné :
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Au fond, la rivière avait engendré une tourbière : un terrain qui, du point de vue technique, va se révéler très difficile à aménager…

Par curage et remblaiement on aménagea des îles entourées de biefs s’élargissant en étangs. Des passerelles enjambaient les biefs.

A l’est une dérivation de la Juine, la rivière anglaise, anime le paysage, draine les prairies et recueille au passage les eaux de la grande cascade.

D’énormes masses de rocailles furent constituées par apport de blocs de rochers cyclopéens liés à la chaux. Elles vinrent s’appuyer en contrefort aux bords de la cuvette, s’avançant en promontoires et belvédères. Des cavités ménagées dans la masse l’allégeaient et formaient des grottes. L’aménagement n’est pas sans rappeler la jeunesse pyrénéenne du marquis, au pays basque.

Des arches du même appareil joignaient les masses les unes aux autres, créant des ponts enjambant les bras de la rivière ou des sentiers encaissés.

Les plantations recherchées, le Marquis étant amateur de plantes et de voyages de découverte, apportaient un soutien important à la composition :

- sur l’île Nat(h)alie, un bosquet d’essences variées, dont une essence récemment acclimatée à l’époque : le tulipier de Virginie ;
- les grandes roches étaient couronnées de conifères sombres, qui y maintenaient une ombre dramatique, en plus d’autres plantes rares nichées entre les jaillissements d’eau ;
- le pourtour de la grande rampe, avec des espèces méditerranéennes entourant le temple, des amandiers au pied de l’enrochement et des pervenches faisant un tapis bleu sous le pont ruiné ;
- le chemin menant au cénotaphe de COOK était bordé d’essences sombres, pour tenir le promeneur en attente d’une effet de surprise…

LES FABRIQUES DU PARC (MONUMENTS HISTORIQUES)

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a : Pont d’Acajou
b : Pont des Boules d’or
c : Pont Cintré
C : Château
Ck : emplacement du Cénotaphe de COOK
G : Grandes Roches, Nymphée, Grande Cascade, Belvédère
L : emplacement de la Laiterie
M : Moulin du Pont
PF : emplacement du Temple de la Piété Filiale, Grande Rampe, Arche Ruinée
R : Pont de Roches, Petite Cascade
T : Colonne Trajane

Dans le Grand Parc :

G – les Grandes Roches
- les Grottes des Demoiselles
- la Grotte au nord de l’ancienne Laiterie
- les Grottes sous l’ancien Temple de la Piété Filiale
a – le Pont d’Acajou
b – le Pont des Boules d’or
c – le Pont Cintré
R – le Pont des Roches

Entre le Grand et le Petit Parc :

- le Pont du Chemin

Dans le Petit Parc :

T – la Colonne Trajane
- parties subsistantes du Fort : 1, avenue Raymond-Poincaré
- parties subsistantes des Écuries Anglaises : 3, avenue Raymond-Poincaré
- parties subsistantes du Petit Château : 1, avenue de Laborde
- parties subsistantes de la Fausse Chapelle : route de Saint-Cyr

Au sud du pont sur la Juine :

- le Lavoir :
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Au Parc de Jeurre (fabriques remontées) :

L – la façade avant de la laiterie :
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PF - le Temple de la Piété Filiale (par BÉLANGER, resté sur le chantier alors qu’il était congédié). Dédié à la fille de LABORDE, Nat(h)alie : l’intérieur est décoré par un buste en marbre à son image, sculpté par Augustin PAJOU :
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PAJOU sculpte le portrait d’une jeune fille rêveuse, qui vit sans le savoir ses derniers moments d’innocence avant une destinée tragique. La beauté du modèle et la finesse d’exécution en font l’un des plus beaux portraits de femme de la sculpture du XVIIIe siècle.

- la Colonne Rostrale. Construite en hommage à ses deux fils, Edouard (1762-1786) et Ange Auguste (1766-1786), dont la nouvelle de la disparition arriva en 1787. Les deux jeunes hommes périrent ensemble au large de Vancouver, dans la baie des Français, au cours de l’expédition La Pérouse. La colonne était à l’origine bâtie sur une petite île, au cœur du grand lac.

Ck – le Cénotaphe de COOK

HOMMAGE AUX ARTISTES

Comme on ferait dans le générique à la fin d’un film (et quel film !), rappelons les noms des artistes, artisans, techniciens (les principaux en tout cas) sans le talent et l’acharnement desquels Méréville n’aurait pas existé (en tout cas sous cette forme d’excellence) :
- François-Joseph BÉLANGER, architecte : première phase de réalisation, conception générale des enrochements, Pont de Roches
- Hubert ROBERT, peintre : ensemble des bosquets, implantation des fabriques, Laiterie. A peint de nombreux tableaux du parc.
- J. ANDRÉ, maître d’oeuvre de la Colonne Trajane (sur des esquisses d’Hubert ROBERT)
- MÉZIÈRES, sculpteur : Temple de la Piété Filiale
- HERMAND, stucateur : caissons de la coupole du Temple
- Augustin PAJOU (sculpteur) : buste du capitaine Cook, statue de Natalie de LABORDE (ornait le Temple de la Piété Filiale)
- CARBILLET, menuisier
- LELEU, ébéniste
- Claude-Joseph VERNET et GREUZE, peintres : décoration et représentations (paysages) de Méréville

Concernant le paysage, il faut rajouter à BÉLANGER et Hubert ROBERT :
- DUFOSSÉ, architecte hydraulicien
- LOISEAU, jardinier

UN RÊVE FULGURANT

Commencées en 1786, toutes les fabriques du parc sont réalisées et les travaux sur le château sont en voie d’achèvement en 1789. Déjà 1789…

A partir de 1790, LABORDE prend ses quartiers à Méréville où il tient le salon, ce qui participe d’autant à la renommée du domaine. Mais les évènements nationaux précipitent la fin du marquis : il sera condamné par le tribunal révolutionnaire et exécuté le 18 avril 1794. Ses biens seront saisis.

Dès 1796, le domaine et une partie du mobilier sont restitués à sa veuve, Rosalie de LABORDE. Elle réinvestit Méréville et réunit des artistes, hommes d’Etat et écrivains tels Elisabeth VIGÉE-LEBRUN et François-René DE CHATEAUBRIAND dans l’esprit des salons d’antan.

Mal conseillée, elle vend en 1819 la propriété et une partie du parc à des acquéreurs peu scrupuleux qui dénaturent le château et le vident de toutes ses richesses. L’histoire du domaine connaît alors des heures sombres.

En 1824, le Comte DE SAINT-ROMAN, nouveau propriétaire du domaine, tente de redonner une certaine magnificence au parc en construisant de nouvelles fabriques – la Ferme suisse, avec une vacherie et un colombier. Mais ses successeurs se désintéressent du domaine, et le site est peu à peu abandonné. A tel point qu’à la fin du XIXe siècle, lors d’une liquidation des biens, le comte de Saint-Léon, propriétaire du domaine de Jeurre – situé aux portes d’Etampes, réussit à acquérir cinq fabriques qu’il fait démonter puis remonter dans son parc où elles sont encore visibles : la façade de la Laiterie, le Temple de la Piété filiale, le Cénotaphe de Cook, la Fontaine au mufle de lion et la Colonne rostrale.

En 1977, le Grand Parc et certaines parties du château sont classés au titre de Monuments Historiques ; le Petit Parc fait l’objet l’année suivante d’une inscription à l’Inventaire supplémentaire.

LA NOUVELLE VIE DU DOMAINE

En 1990 un groupe japonais acheta le domaine pour y réaliser un golf.

Ce projet fut abandonné, et F. D’ORMESSON, fortuitement concerné à titre professionnel par cette affaire, prit courageusement en charge la sauvegarde du site. Il a créé dans ce but l’AJRM, association de la loi de 1901 « les amis du jardin XVIIIème d’Hubert Robert à Méréville ».

En 1998, le Conseil Général de l’Essonne s’était engagé sur le principe d’acquérir le domaine pour le réhabiliter. Après un changement de majorité la décision d’achat fut différée jusqu’au début septembre 2000.

Depuis, le Conseil Général, aidé par la Région Île-de-France et l’État, a déjà réalisé 2 campagnes de travaux (travaux d’urgence et de sauvegarde en 2003-2005 et travaux de sécurisation en 2007-2008) et une 3e campagne est en cours (2008-2010 : reconquête du site et la découverte de scènes paysagères majeures).

QUELQUES REGRETS

- la plupart des fabriques sont malheureusement très dégradées et les plus précieuses sont à Jeurre ;
- la seule fabrique véritablement conservée est, dans le Petit Parc, la « colonne Trajane » (1790-1791), mais elle se trouve au centre d’un carrefour : cette partie détachée du parc principal a en effet été lotie
- les plantations de rapport, qui ont remplacé les arbres remarquables abattus à la fin du XIXème siècle pour le commerce du bois, ont périclité. Quoique substantiellement dégagées, elles restent touffues et sans lustre.
- les passerelles subsistantes sont l’ombre de leur magnificence, en particulier le pont des Boules d’Or et le pont d’acajou.

À NE PAS RATER

- la colonne Trajane, propriété de la commune, est accessible au moins lors de la Fête du Patrimoine : on peut contempler le lointain depuis 37 mètres de haut !
- dans le Grand Parc, les rocailles, encore en place pour la plupart, offrent un réseau de grottes, arches, cavités (circulables !!) qui permettent d’apprécier l’ampleur des aménagements et de retrouver, au moins en partie, certaines perspectives spectaculaires
- la massive saillie du Pont de Roches au dessus de la Juine, avec la vue en échappée sur le château, offre sans doute la perspective la plus proche de l’époque :
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- il subsiste des restes de la majorité des fabriques et…
- les fabriques les plus précieuses ont été ont été démontés et transportés à la fin du XIXème siècle au Parc de Jeurre, mais… il est tout proche ! On passe derrière pour rentrer à Paris !!

À VOIR AU PARC DE JEURRE

- la façade de la Laiterie
- le Temple de la Piété Filiale
- la Colonne Rostrale
- le Cénotaphe de COOK
- la fontaine au mufle de lion

CONCLUSION

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Méréville a un charme furieux ! CHATEAUBRIAND en a parlé en terme d’oasis romantique : c’est bien ça !

VISITEZ MÉRÉVILLE !

Suite au rachat par le Conseil Général fin 2000, et le temps de travaux, il n’y a pas de visites régulières actuellement, mais cela changera peut-être dès 2010 (ouverture prévue au public).
Peut-être des ouvertures ont-elles lieu les WE de juin et les dimanches d’octobre 2010, toujours en visites guidées : à vérifier auprès de l’Office de tourisme (voir plus bas).
Ne pas rater l’ouverture et visite guidée (gratuites !) réalisée en général pour les Journées du Patrimoine (courant septembre) : Méréville : the place to be en septembre !

INFORMATIONS PRATIQUES

12, rue Victor Hugo
91660 Méréville
entrée à l’angle de la rue Victor-Hugo
s’adresser à l’Office de Tourisme : 01 64 95 18 00
Courriel : mereville@essonne.fr

Visites guidées : plein tarif de 3 € à 8 € ; tarifs réduits de 1,5 € à 4 € (13-18 ans, demandeurs d’emploi, RMIstes, étudiants, apprentis, +65 ans ; gratuité pour les moins de 13 ans et titulaires de la carte jeune Essonne.

Visites de groupes à l’année (sur réservation).

ACCÈS

L’horreur : il n’y a pas de gare à Méréville !
Itinéraire recommandé pour venir en voiture depuis Paris : N20 jusqu’à Etampes (rester sur la voie rapide et dépasser la ville, puis sortir à l’échangeur sud), ensuite 16 km jusqu’à Méréville par la D49.


COURANCES : LE PARC DES EAUX

Le jardin d’eau est un thème récurrent dans tous les territoires saturés d’eau : en Vénétie au XVIe, ou dans les Pays-Bas au XVIIe, à Fontainebleau (François Ier) dans les années 1540.

XVIe SIÈCLE : NAISSANCE DU PARC DE COURANCES

En 1552, Cosme CAUSSE, seigneur de Marchaumont, secrétaire des Finances du roi Henri II, avait acheté un manoir (relativement modeste, a fortori en comparaison avec ce que deviendra le parc) presque sans jardin. Selon le motif du « pré en l’île », le bâtiment est installé sur deux plate-formes entourées de fossés en eau. Les fossés du château sont prolongés vers le village, d’un côté et de l’autre de l’Allée d’Honneur par ce que l’on appelle aujourd’hui les pièces d’eau des Platanes simples et celle des Platanes doubles (à l’origine, des tilleuls) :
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Le ton de Courances est donné : il sera aquatique.

Pour créer le parc, Cosme puis son fils Pierre, grand maître des Eaux et Forêts, vont faire l’acquisition de terrains supplémentaires. Leur surface doit notamment permettre de s’assurer la maîtrise de la rivière de l’École et de quelques-unes (une dizaine ?!) des quatorze sources (!) qui donnent son allure au lieu.

Sur cette nouvelle surface, ils vont créer :
- la Grotte ou Dôme (restauré en 2005) ;

- la Salle d’eau, bassin encadré par quatorze « gueulards » (cracheurs d’eau) de grès, disposés en vis-à-vis :
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On ne connaît pas d’équivalent à ce genre de bassins !

- et surtout le Grand Canal. Car Courances aura son Grand Canal avant que le roi n’aie le sien à Fontainebleau (1604) !
En 1550, Cosme CAUSSE avait fait creuser celui de sa propriété voisine de Fleury-en-Bière, sur 800 m : c’était le premier du genre à traverser un jardin français ! Mais le chantier (les difficultés techniques et le poids financier) de cette entreprise, ont rendu Cosme un peu plus raisonnable : le Grand Canal de Courances ne fera que 600 m…
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Alimenté par une dérivation de l’École, le Canal fait un pendant domestiqué à l’eau sauvage : l’impression est vibrante !

- c’est vraisemblablement à cette époque aussi, que furent établies trois marches d’eau très originales :
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Elles sont gardées par deux loups et par deux lions : les Nappes :
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XVIIe SIÈCLE : AGRANDISSEMENT ET EMBELLISSEMENT DU PARC

En 1622, le vieux château de Courances, bien délabré, a été vendu par François CAUSSE, le fils de Pierre, et acheté par Claude GALLARD, conseiller et secrétaire du roi Louis XIII, d’origine orléanaise, enrichi dans la gestion des biens séquestrés en justice.

Claude I GALLARD reconstruisit le château entre 1627 et 1630. Entouré de son fossé en eau, il comporte désormais un corps de logis rectangulaire flanqué de deux pavillons saillants ; le mur est composé de moellons crépis et enduits. Dès lors, le domaine de Courances prenait place parmi les grandes propriétés des Parisiens fortunés de la haute administration royale : l’exploitation agricole des terres passa au second plan, laissant la place à un programme d’embellissement et d’agrément.

En 1638, le fils, Claude II GALLARD, très fortuné, poursuivit les achats de terres et l’embellissement des jardins. Il épouse Anne VIALAR : c’est cette première « dame de Courances », sa première épouse, qui est représentée dans le tableau peint par BEAUBRUN, vers 1660 (accroché dans le terrible Salon du Billard), tenant un petit tableau qui représente le parc.

Il établit La Gerbe (bassin à 10 côtés auquel il manque aujourd’hui son jet d’eau central) et trace une allée allant jusqu’au Rond de Moigny.

Mais la charge financière se révèlera trop lourde pour les GALLARD. Courances fut saisi par leurs créanciers et vendu aux enchères en 1677.

Il ne quittera pourtant pas tout à fait la famille, car Galliot GALLARD, frère cadet de Claude II, rachètera le domaine.

Après lui, ce sera son fils, François Galliot GALLARD, qui héritera du domaine.

La structure générale mise en place à la fin du XVIe et dans la première moitié du XVIIe siècle n’a pas connu de profonds bouleversements.

DÉBUT XVIIIe : ACCENTUATION DE L’AXE ET DE LA SYMÉTRIE ET RENFORCEMENT DE LA PRÉSENCE DE L’EAU

Ces nouveaux choix esthétiques sont probablement pris en relation avec les idées dominantes alors en matière d’art des jardins telles qu’elles avaient été développées par Antoine-Joseph DÉZALLIER D’ARGENVILLE, le vulgarisateur de l’œuvre de LE NÔTRE au XVIIIe dans son traité La théorie et la pratique du jardinage.

François Galliot GALLARD eut une fille unique, Anne-Marguerite-Catherine GALLARD, qui épousa en 1708 Nicolas POTTIER DE NOVION.

Leur fils André hérita de Courances à la mort de son père en 1720, mais c’est sa mère, deuxième « dame de Courances », qui resta à la tête de la propriété, et y conduit les travaux, pendant cinquante années !

Elle s’employa à restaurer la domination féodale sur la seigneurie, réclama des droits anciens qui avaient été oubliés, restaura moulins et viviers et agrandit l’exploitation agricole.

Le Miroir, pièce d’eau rectangulaire spectaculaire (1 ha !), dans laquelle se reflète le château, a été creusé dans l’axe principal avant 1756 :
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Des vues sont dégagées : vers le nord (vers l’entrée) et vers le sud, en agrandissant l’écrin boisé destiné à accueillir le Miroir.

Le portail architecturé fermant la cour depuis 1642 a laissé sa place pour une grille implantée au-devant du pont dormant qui franchissait la douve. Plus rien n’empêchait le regard d’embrasser la magnifique allée d’arrivée, bordée de canaux, et sa quadruple rangée de tilleuls (hélas changés pour des platanes par la suite).

FIN DU XVIIIe SIECLE : UN PARC SUR LE DÉCLIN

En 1772, la petite-fille d’Anne GALLARD, Philippine, entra dans une très ancienne famille de la grande noblesse de robe parisienne en épousant Charles-Aymar DE NICOLAÏ, président de la Chambre des Comptes dit « le grand Nicolaÿ ». Courances devint leur lieu de villégiature.

À la suite de l’Angleterre, de grandes transformations devaient marquer l’art des jardins en France dans la seconde moitié du XVIIIème siècle : rejet de la régularité, volonté d’imiter la nature, recherche d’un pittoresque inspiré par la peinture de paysage.

Pour plus de pittoresque (?), inspiré par l’Angleterre, ou pour mettre à l’échelle ou pour une autre moins bonne raison, le marquis DE NICOLAŸ fit replanter en 1782 la grande Allée d’arrivée avec des platanes et installer des cultures vivrières au jardin anglais.

Dès le début de la Révolution, les NICOLAŸ émigrèrent en Italie. Mais ils revinrent en 1793 pour défendre la reine devant le tribunal révolutionnaire.

Le 7 juillet 1793, Charles-Aymar DE NICOLAÏ et son fils aîné furent guillotinés.

Courances sera mis sous scellés entre 1793 et 1798.

En 1798, le domaine sera restitué à Philippine-Léontine DE NICOLAŸ, qui mourut en 1820.

Son fils, Théodore DE NICOLAŸ (1782-1871), pair de France, s’employa à relever le domaine et à enrichir son patrimoine foncier.

C’est sans doute à cette époque que la Salle d’Eau fut transformée en lac paysager.

En 1830, l’attachement légitimiste (ainsi qu’un drame familial, le viol de ses deux petites filles) amena Théodore DE NICOLAÏ à s’exiler en Suisse, tout en conservant Courances jusqu’à sa mort à Genève en 1871. Mais il n’y revint plus jamais.

Le parc sera fermé, sauf une fois par an où les gens du voisinage venaient y chasser le corbeau. Le château restera à l’abandon pendant plus de 40 ans et finira par tomber en ruines : un arbre poussera à travers le plancher du salon, les toits s’écrouleront, les balustres s’effondreront. Voici l’ambiance (à quel point romancée ?) qu’en rend Anatole FRANCE dans son Crime de Sylvestre Bonnard (1881) :

Le lendemain, nous prîmes le café sur la terrasse, dont les balustres, embrassés et arrachés à leur rampe de pierre par un lierre vigoureux, restaient pris entre les noeuds de la plante lascive, dans l’attitude éperdue des femmes thessaliennes aux bras des centaures ravisseurs.
Le château avait, par suite de remaniements successifs, perdu tout caractère. C’était une ample et estimable bâtisse, rien de plus. Il ne me parut pas avoir épreouvé de notables dommages pendant un abandon de trente-deux années. Mais lorsque j’entrai dans le grand salon du rez-de-chaussée, je vis les planchers bombés, les plinthes pourries, les boiseries fendillées, les peintures des trumeaux tournées au noir et pendant aux trois quarts hors de leur chassis. Un marronnier, ayant soulevé les lames du parquet, avait grandi là et il tournait vers la fenêtre sans vitres les panaches de ses larges feuilles. Je ne vis pas ce spectacle sans inquiétude, en songeant que la riche bibliothèque de M. Honoré de Gabry, installée dans une pièce voisine, était exposée depuis longtemps à des influences délétères. Toutefois, en contemplant le jeune marronnier du salon, je ne pus m’empêcher d’admirer la vigueur magnifique de la nature et l’irrésistible force qui pousse tout germe à se développer dans la vie.

XIXe : REDRESSER LE PARC DÉLAISSÉ

En 1872, les héritiers d’Aymard DE NICOLAÏ mirent Courances en vente. C’est le baron Samuel DE ABER qui acheta le domaine. Le parc ressemblait probablement à un immense marécage quand il en fit l’acquisition. HABER va lui redonner vie !

Suivant les traces des ROTSCHILD, ce banquier s’installe à Paris au milieu du siècle. Financier de talent, HABER aidera aux négociations pour le règlement de la dette de guerre de 1870. Jouissant d’une fortune considérable, il la mit au service du gouvernement mais pas seulement.

Le mariage de sa fille unique avec le comte Octave DE BÉHAGUE, issu d’une famille d’origine ancienne, le rapprocha de la noblesse française et le fera adopter un mode de vie aristocratique -possible grâce à sa propriété à la campagne.

Afin que le château soit restauré, l’architecte familial des BÉHAGUE fut mandé à son chevet : Hippolyte DESTAILLEUR se trouva sous la double direction du baron et de son gendre pour ce chantier (qui sera son tour de chauffe avant celui de Vaux-le-Vicomte !) : le comte Octave DE BÉHAGUE souhaitait préserver l’aspect originel du bâtiment ; le baron DE HEBER voulait une copie de l’escalier en fer à cheval de Fontainebleau…

Tandis que l’architecte DESTAILLEUR restaurait le château, tout en lui conférant un nouvel « habillage » de briques Henri IV-Louis XIII, on réfléchit à la réhabilitation du parc.

Le plan de terrassement dressé par des ingénieurs, sous la direction de DESTAILLEUR, montre que le nouveau propriétaire fit procéder, avant tout autre chose, au curetage de l’ensemble des douves, des bassins et des canaux.

C’est alors, sans doute pour employer les boues récupérées, que furent comblés certains canaux comme ceux bordant l’Allée de Moigny.

On combla la douve séparant la plate-forme du château de celle du jardin ce qui permit de disposer d’un vaste espace pour mettre en place des grands tapis de broderie.

Le grand axe sera restitué, mais le reste du parc sera transformé en parc paysager.

Le système hydraulique du parc fut rénové.

On remania le Miroir et son pourtour (allées sablées, pièces de gazon, mosaïculture et statues).

On creusa un nouveau bassin aux contours chantournés, dit le Dauphin, dans l’axe du Miroir.

PREMIÈRES ANNÉES 1900 : RÉTABLISSEMENT DU PARC À LA FRANçAISE

Berthe (1868-1940) et Martine (1870-1939) DE BÉHAGUE étaient déjà orphelines lorsqu’elles héritèrent en 1892 de leur grand-père, exilé pour cause d’antisémitisme. Etant l’aînée, Berthe reçut la propriété de Courances.

Berthe et son mari, le comte Jean DE GANAY, s’impliquèrent beaucoup dans leur relation avec les paysagistes DUCHÊNE père et le fils, de 1899 à 1914, pour continuer à œuvrer en vue de l’embellissement du parc, en préférant toujours, semble-t-il, la simplicité et la sobriété. On note en effet la présence d’Henri DUCHÊNE à Courances entre 1899 et 1902. Mais c’est son fils Achille qui eut la tâche de mener à bien une nouvelle phase de restauration qui devait se poursuivre jusqu’au début de la Première Guerre mondiale.

DUCHÊNE est très attentif aux souhaits de simplicité et sobriété des propriétaires.

À l’Ouest / nord-ouest, la Salle d’eau devenue lac paysager qu’il fallait assainir, reprendra un état historique, à la française.

En 1906, DUCHÊNE commence à réfléchir aux transformations à apporter de l’autre côté, au sud-est, à l’emplacement de l’ancien « jardin anglais » des NICOLAŸ.
Il décide de créer de toutes pièces un dispositif d’une originalité totale mais en parfaite harmonie avec le reste des lieux :

- les quinconces de Marronniers ;

- la pièce d’eau du Fer à cheval :
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- la pièce d’eau de la Baigneuse en surplomb, ornée d’une statue en provenance du parc royal de Marly : la nymphe Aréthuse. Un moulage est venu remplacer l’original de Claude POIRIER (1656-1729), « Trésor national » trop fragile pour rester à l’extérieur (2004), acheté et abrité par le Louvre, en manque de statues pour compléter sa collection portant sur Marly :
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Le « coup de génie » d’Achille DUCHÊNE demeure l’idée d’unifier ses diverses interventions et les anciens aménagements en redistribuant les quatorze gueulards, ces têtes de monstres en pierre sculptée qui encadraient l’antique Salle d’eau. Ils crachent aujourd’hui un peu partout l’eau abondante des nombreuses sources de Courances.

En 1908 sont installées les belles broderies, si représentatives du « style DUCHÊNE » devant la grande façade du château, côté parc — celles en place aujourd’hui.
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Parallèlement à cette grande entreprise de restauration « à la française », Berthe DE GANAY, profitant d’une pièce d’eau un peu encaissée en contrebas du moulin de l’ancienne scierie, entreprenait (avant 1908) d’y créer un précieux jardin anglo-japonais. Le fouillis végétal vint dissimuler la régularité du bassin, une petite île permit de donner de la profondeur à cette création qui s’inscrivait dans la vogue du japonisme des années 1900 (voir les jardins Albert Kahn, Giverny ou Maulévrier). Un peu plus tard, Kathleen LLOYD JONES, une jardinière anglaise élève de Gertrude JEKYLL (l’« inventeuse » de la « mixed-border »), vint prêter mains fortes à la propriétaire pour enrichir cette libre évocation d’un jardin japonais :

La propriété est cédée à Martine DE BÉHAGUE en 1910. Martine DE BÉHAGUE demeure un nom illustre dans le monde des musées. Paris murmurait qu’elle achetait un objet par jour. Une visite au Louvre suffit à convaincre qu’aucun domaine ne lui échappait. Les deux cousines de WATTEAU côtoie une figurine en argent égyptienne, un moulin à café aux trois ors qu’utilisait la Pompadour ou un relief byzantin en stéatite. C’est elle qui a offert le cadre de la Joconde. Et elle encore qui sauva l’Hôtel de Sully, rue Saint-Antoine…

Martine DE BÉHAGUE restaura les lieux sans l’aide de grands noms de l’architecture ou du paysage et y séjourna jusqu’en 1927. C’est elle qui posa les fondations du fameux « Potager » dans l’enceinte du parc de Fleury – tout sauf un potager – avec son Jardin persan. (Elle utilisa le porphyre qu’elle avait fait venir de Syrie pour son théâtre privé à Paris, à l’époque le plus grand en Europe – la « Salle Byzantine » de l’actuelle ambassade de Roumanie.)

Une très grande partie du domaine fut probablement replantée en 1912.

LES RAVAGES DE LA GUERRE

Pendant la guerre de 14-18, Berthe DE GANAY accueille dans le château un hôpital militaire.

De 1940 à 1944, le parc et le château de Courances furent occupés par les Allemands. En partant, ils firent sauter un dépôt de munition qui se trouvait dans le parc…

De 1944 à 1946, les communs abritèrent un camp disciplinaire américain. Les châtelains étaient encore cantonnés à des quartiers restreints dans le château. Un deuxième dépôt de munitions explosa accidentellement en causant encore plus de dégâts. En 1948, l’architecte chargé de l’entretien du château chiffra à 88 millions la remise en état des lieux. L’Etat proposa une indemnité de 7,7 millions…

De 1949 à 1955, le maréchal MONTGOMERY, adjoint au commandant des troupes de l’OTAN, basé à Fontainebleau, s’installa à son tour dans les étages nobles. Il a laissé le mas qui arbore aujourd’hui les couleurs de la famille DE GANAY et (hélas) le très grand billard…

ENFIN PROTÉGÉ

En 1948, l’ensemble du domaine de Courances est inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques.

Entre 1948 et 1954, le marquis DE GANAY, Hubert, fils aîné de Berthe et filleul de Martine, avec son fils Jean-Louis (né en 1922), marié à Philippine DE NOAILLES (née en 1925) s’efforcent de faire disparaître les traces des occupations successives et retirent certains « ornements » ajoutés par l’architecte Destailleur au XIXe siècle (lucarnes, oeils-de-boeuf, cheminées, épis de faîtage).

En 1955, la famille DE GANAY reprend possession de l’ensemble du domaine de Courances.

Abandonné pendant la dernière guerre, le « Japonais » doit sa renaissance à Philippine DE GANAY, nièce de Charles DE NOAILLES et fille de Marie DE MOUCHY, tous deux illustres jardiniers, qui entreprit de nouvelles plantations en privilégiant les arbustes pour mieux jouer des formes et des textures.

En 1978, la vallée de l’École devient un site inscrit.

Alors que le parc l’était depuis la guerre, le château de Courances est ouvert au public en 1982.

En 1983, le domaine de Courances obtient le classement au titre des Monuments historiques.

Visite du château

- le grand vestibule du premier étage, avec une cheminée surmontée d’un médaillon représentant le profil de Louis XIV
- la salle du billard de MONTGOMERY, avec le portrait d’Anne GAILLARD par Beaubrun
- la salle à manger, où avait poussé un arbre dans la période d’abandon du château
- le bureau, avec une belle cheminée du XVIe ou XVIIe siècle
- la bibliothèque du baron HABER. Ensemble de tapisseries aux armoiries de Maximilien de Béthune, duc de Sully, représentant des singes caricaturant les humains.

Visite du Parc

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1- l’Allée d’Honneur, bordée de pièces d’eau dans le style du XVIe s. et de platanes, plantés en remplacement de tilleuls en 1782

2- le château (1628 ; remanié) ; aspect Louis XIII souligné par des briques (1872). L’escalier en fer à cheval a été copié sur celui de Fontainebleau.

3- le canal de la Foulerie (de chanvre) a été mis en place sans doute au début du XVIIe s. par les Clausse ou les Gallard.

4- le jardin japonais.

5- Pièce d’eau de la Baigneuse, le Fer à Cheval, le Quinconces de marronniers : création d’Achille Duchêne au début du XXe siècle.

6- le Miroir : seule création du XVIIIe s. ; broderies de buis de DUCHÊNE

7- le Grand-Canal était le second en France après Fleury-en-Bière : a inspiré celui de Fontainebleau. La Gerbe (avec un jet d’eau autrefois) est un bassin à dix côtés.

8- Les Nappes : XVIe s. Le bassin avec l’enfant à cheval sur un dauphin est l’oeuvre de l’architecte DESTAILLEUR. La Fontaine du Roy : on dit que Louis XIII, lorsqu’il séjournait à Fontainebleau, en faisait venir son eau.

9- Le Rond de Moigny avec une statue anonyme représentant Apollon vainqueur du serpent Python. A côté : une source.

Quelques regrets

- la quasi-totalité du mobilier inventorié a disparu entre 1944 et 1946, pendant la présence américaine, et apparemment pas à cause de l’explosion accidentelle… Et on aurait préféré que l’explosion affecte certaines pièces qui sont restées et bien restées : le très grand billard laissé par MONTGOMERY : on ne voit que lui. Or il n’est pas seulement très grand, mais surtout de trop, tout court.
- la décoration laisse à désirer par endroits. Dans la salle basse, des fleurs en plastique et quelques objets personnels ne donnent pas tant le sentiment qu’on est chez des Gens que celui qu’on est chez des gens.
- conclusion : on peut éviter la visite du château jusqu’à nouvel ordre

Du bonheur en barre

- la salle à manger
- la chapelle, avec des boiseries de 1626 et une Vierge en grès du XIVe siècle récupérée dans les ruines d’une chapelle de Templiers
- le parc et notamment une petite source cachée dans des frondaisons, à droite quand on revient du Rond de Moigny vers le château :
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- le café / pâtisserie pris près du jardin japonais
- conclusion: il peut être sympathique de prendre sa journée et de la laisser s’égrener lentement, après avoir pique-niqué sur place

COURANCES : TANT DE FOIS IMITÉ, JAMAIS ÉGALÉ

Suite à Courances, on a tracé des allées doublées de canaux en eau pour arriver aux châteaux de Coulommiers, Pont-sur-Yonne, Liancourt…
Ces tracés ont disparu : Courances est heureusement resté. Et forme sans doute le plus bel exemple conservé de ce style en France : assurément, et comme on le disait au XVIIIe s. :
Les parterres de Cély (-en-Bière)
Les bois de Fleury (-en-Bière)
Les eaux de Courances
Sont trois merveilles en France.

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Informations pratiques : http://www.courances.net

Domaine de Courances
Rue du Château
91490 COURANCES
Tél : 01 64 98 07 36 ou 06 87 46 78 72


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