LE PARC DE BERCY (Paris 12e) : LE SOUVENIR DES ENTREPÔTS À VIN QUI ALIMENTAIENT TOUT PARIS
création : 1993 > 1997
conception : architectes : Bernard HUET, Madeleine FERRAND, Jean-Pierre FEUGAS, Bernard LEROY ; paysagistes : Ian LE CAISNE et Philippe RAGUIN
C’est à l’époque romaine qu’on commença à planter des vignes à Lutèce : au 13ème siècle, Paris abritait donc l’un des plus grands vignobles d’Europe !
Sous Louis XIV, s’ouvrit à Bercy le premier entrepôt de vin, qui marqua le début de trois siècles d’activité ininterrompue.
Au 19e s., le négoce était florissant. À cette époque, Bercy était le plus grand centre mondial de négoce en vin et spiritueux ! Les marchands de vin étaient appâtés par l’alliance de deux avantages : la proximité de la Capitale et l’absence de taxes, puisque le « cellier du monde » était situé en dehors des limites de Paris. Ils faisaient venir le vin par bateaux sur les quais de la Seine, et par wagon-citerne, depuis la gare de la Rapée aujourd’hui disparue. Les rues pavées dévoilent encore leurs rails qui permettaient la circulation des wagons-citernes.
Bercy était appelé le « joyeux Bercy », car le tout Paris populaire et mondain se pressait dans les guinguettes qui avaient investi les bords de Seine. Le vin, qui était bien moins cher qu’à Paris, coulait à flots au Rocher de Cancale, aux Marronniers et au Soleil d’Or. Les dimanches et les jours de fêtes, des attractions animaient son rivage. On y organisait des joutes, on y tirait des feux d’artifices…
C’était une vraie ville dans la ville. De nombreux métiers s’y côtoyaient : négociants, tonneliers, charretiers, pompiers, assistantes sociales… On pouvait aussi y croiser le « jaune d’œuf », surnom donné à l’homme qui était chargé de revendre les jaunes d’œufs dont les blancs étaient utilisés pour la clarification du vin.
Avant de cesser dans les années 1950, l’activité des entrepôts commença à décliner au 20e s., avec la destruction des fortifications de Thiers (1920-1929) qui fit disparaître une partie des entrepôts, le succès du chemin de fer et l’évolution des techniques de stockage. Mais les rue alentours résonnent encore du souvenir des anciens entrepôts : rue de Pommard, rue de Chablis, rue de Mâcon…
Trois anciens bâtiments vinicoles ont été conservés. Disséminés aux quatre coins du parc, ils entretiennent la mémoire du lieu tout en animant ses allées fleuries :
Pour perpétuer le souvenir de ce passé vinicole, une vigne (400 ceps) a été plantée, qui donne lieu chaque année à des vendanges.








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